Les engrais verts au jardin

Les engrais verts au jardin
Par Yves Gagnon

Les engrais verts sont des cultures qu'on retourne à la terre dans le but de l'enrichir, de l'assainir et de la structurer. Ils tiennent lieu de couvre-sols, prévenant ainsi l'érosion éolienne et hydrique tout en contrôlant le lessivage.

Nombreux sont les jardiniers qui croient que la culture d'engrais verts est réservée à l'agriculture. Cependant, cette technique régénératrice convient aussi aux petites surfaces. On peut l'employer pour préparer un nouveau terrain ou pour améliorer le sol d'une surface libre de culture.

Pour préparer un nouveau terrain, on applique en août un épais paillis végétal (bois raméal fragmenté, feuilles mortes et ou paille) sur la surface délimitée. À la fin mai, le paillis sera repoussé en bordure, puis le sol travaillé à la fourche à bêcher; on ensemencera ensuite le sol avec du sarrasin qui sera suivi à l'automne d'une culture d'orge ou d'avoine, établie après l'enfouissement du sarrasin à la fourche à bêcher ou à la motobêcheuse (rotoculteur). Le taux de semis est de 2 kg/100 m2. On peut trouver de petites quantités de semences d'engrais verts dans certaines boutiques d'aliments naturels et dans les animaleries.

Les engrais verts se cultivent aussi sur une parcelle en repos. On peut, par exemple, semer de la féverole au début de mai, qu'on fera suivre de sarrasin en été, puis d'une céréale en automne.

La féverole a l'avantage de résister au gel et de fixer naturellement l'azote atmosphérique grâce aux rhizobiums qui s'y associent. Comme sa croissance est rapide, la légumineuse est prête pour l'enfouissement vers le 20 juin, après quoi on établit le sarrasin.

Ce dernier stimule la remise en circulation du phosphore minéral du sol tout en débarrassant le sol des adventices. L'avoine ou l'orge semée à la fin août complète le traitement en améliorant la structure du sol et en le protégeant de l'érosion et du lessivage. Au printemps, le tapis d'orge ou d'avoine jauni sera incorporé au sol qui sera fin prêt à recevoir les cultures de légumes ou de fleurs.

 

Des plantes à semer comme engrais verts
Par Yves Gagnon

Pour compléter les textes des semaines précédentes sur les engrais verts, voici une description des principales espèces qu'on cultive à cette fin.

Le sarrasin (Fagopyrum esculentum)

Le sarrasin est le champion de l'étouffement des plantes adventices. Son temps de croissance comme engrais vert est de 30 à 40 jours. On l’enfouit durant la floraison. Ses fleurs attirent de nombreux insectes utiles. Le sarrasin est sensible au gel; on doit donc le semer une fois les risques de gel passés.
Taux de semis: 2 kg/100 m2

L’avoine et l'orge (Avena sativa, Hordeum vulgare)

L’avoine et l'orge sont des céréales rustiques, bien adaptées à nos conditions. Elle croissent bien dans tous les types de sol. Comme elles tolèrent bien le gel, on peut les semer tôt au printemps ou encore, à la fin de l’été, comme engrais verts d’automne. Les deux céréales constituent d’excellents choix comme espèces intercalaires d'automne. On sème alors à la fin d'août. La céréale ne survit pas à l’hiver.
Taux de semis: 2 kg/100 m2

La féverole (Vicia faba)

Très proche de sa cousine la gourgane, la féverole permet d'enrichir le sol en azote grâce aux bactéries fixatrices d’azote du genre rhizobium qui s’y associent naturellement. Facile de culture, elle tolère le gel et s’enfouit sans peine, de 40 à 50 jours après le semis. On peut la cultiver en association avec une céréale.
Taux de semis: de 2 à 3 kg/100 m2

Le trèfle blanc (Trifolium repens)

Le trèfle blanc est idéal pour les cultures associées. Semé deux semaines après l’établissement des plants, il étouffe la compétition, stimule l’activité microbienne et réduit l’évaporation du sol. Laissé au sol après la récolte, il devient un engrais vert d’automne qui ne sera enfoui que le printemps suivant, avant l’implantation des cultures.

Le trèfle blanc permet une bonne fixation d’azote atmosphérique grâce aux rhizobiums qui s’y associent. Pour assurer une fixation d’azote optimale, on ajoute aux semences au moment du semis l’inoculant contenant la bactérie Rhizobium trifolii.
Taux de semis: 200 g/100 m2